Le vaste cycle qui avance

Emporte toutes choses

Les jette, les consume et les jette

Infini, dans le feu.

     Et nous dansons de même

     Au feu du devenir

     Sans arrêter jamais

     De naître et de mourir.

Vivants, nous sommes morts

Et morts nous renaissons

Toujours les mêmes, jamais les mêmes

Dans l'ivresse du feu.

     Nous allons, nous tournons

     Feuilles aux mille saisons

     Notre âme se dévore

     A travers mille vies

     A travers mille morts.

Au temple d'Artémis il joue aux dés, le sage

Comme le dieu hilare, et grave et triomphant,

L'éternelle toupie avance en tournoyant

Que tourne la toupie! - et tout n'est que passage!