25 septembre 2009

DES IMPRESSIONS NOCTURNES : le rêve et l'oracle

Ce qui nous tourmente au milieu de la nuit me semble infiniment plus tragique, plus obscur et menaçant que les pensées diurnes. C'est du moins mon expérience à moi, qui ai le déplaisir de me réveiller souvent vers les trois ou quatre heures du matin suite à des rêves assez pénibles auxquels je ne trouve guère de meilleure réponse qu'un réveil précipité. Ces perfides impressions, ces pressentiments oppressants, ces menaces et ces suspens évoquent pour moi les paroles hostiles et ambiguës du dieu de Delphes, proférées par "la... [Lire la suite]

23 septembre 2009

SOMA, PSYCHE et NOOS : corps, psychique, intellect

Je suis fidèle à une conception tripartite de l'humain, que je trouve chez les Grecs, mais aussi chez les Chinois, considérant que le dualisme, (notamment cartésien) qui oppose violemment le corps et l'âme est une hérésie, et une catastrophe pour la pensée, pire encore pour la thérapie. Les Grecs nous apprennent à distinguer trois pôles : le Sôma, la Psychè et le Noûs (j'écris plus haut NOOS, orthographe plus ancienne du terme, pour écarter toute ambigité). Le sôma c'est le corps réel : physiologie, anatomie, peau, sang, muscles,... [Lire la suite]
23 septembre 2009

THYMOS et PATHOS

Thymos est le siège mystérieux des affects, quelque part au centre de la poitrine, aux voisinages immédiats du plexus et du coeur. Il est imposible de rendre correctement ce terme en français : on balancera entre "âme", inutilisable, et "coeur", qui est moins chargé de relents religieux, mais trop précis, trop concret. Comment exprimer le tourment, les affres, les transports et les passions, tristes ou allègres, qui nous font frémir, trembler, palpiter, transpirer, transir, et quelquefois mourir? Tout cela c'est l'expérience sensible,... [Lire la suite]
21 septembre 2009

DE L' ENFANT MERVEILLEUX : anatomie d'un fantasme

Dans un ouvrage célèbre, Serge Leclaire ("On tue un enfant"), étudiait cette persistance troublante de l'image de l'enfant idéal que nous portons en nous, certains plus que d'autres, bien sûr, et qui détermine les ravages les plus persistants, et les exaltations les plus folles dans sa liaison inconsciente au fantasme. Enfant idéal, enfant merveilleux, qu'est-ce à dire? Il faut revenir aux premiers âges de la vie pour en saisir l'occurrence fatale. Je parle ici de mémoire, étant de longtemps incapable de lire, et de... [Lire la suite]
20 septembre 2009

INFIDELE FIDELITE : de notre relation aux Anciens

D'aucuns me croient bouddhiste. Mais  bouddhiste se définit par une triple adhésion : à Bouddha, au Dharma et à la Sangha, soit au sauveur, à sa doctrine et à sa communauté. Moi je n'adhère à rien, par paresse, mollesse, et, puis-je le dire, par conviction. Selon l'idée que je me fais de la philosophie il m'est impossible de me ranger sous aucune bannière, fût-ce la plus honorable. A quoi j'ajouterai que, selon l'enseignement de Bouddha lui-mêmen, chacun doit trouver en soi et par soi sa propre lumière : "Sois à toi-même ta... [Lire la suite]
19 septembre 2009

SAPPHO de MYTILENE : ouverture

Sappho est pour les Anciens la poétesse par excellence, souvent citée, louée pour la clarté et l'expressivité de ses vers, imitée par les plus grands. Malheureusement de son oeuvre vraisemblablemnt considérable, ne nous sont parvenus que quelques poèmes plus ou moins mutilés et des bribes. Son style est immédiatement reconnaissable, jusque dans ces fragments, si ellyptiques, mais qui expriment tous une intense volupté dans la magnificence du désir. L'ardeur de la sensualité antique nous est ainsi directement accessible, sans tous les... [Lire la suite]
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19 septembre 2009

NAUSICAA : poème à la manière de SAPPHO

Comme Ulysse jeté nu sur le rivage    Confuse j'errais dans le désert du coeur,       Et je te vis, qui dansais dans la lumière           Nausicâa, sublime!       Et comme la déesse au sourire d'aube     Sur le miroir des eaux, si pure! Ah je veux       Sur la rose de ta bouche déposer,          Humide, mon baiser!     PS : On se souvient de la scène mémorable dans Homère, où... [Lire la suite]
19 septembre 2009

APPARITION : poème à la manière de Sappho

  Tu as bien de venir, je n'osais plus,      Toute languissante, toute déchirée          Toute moite, fièvreuse, chair consumée               Espérer ton retour,     Et tu es là!  Je te vois marcher, gracieuse      Vaporeuse comme l'aurore, et je veux          Toucher ta gorge d'un doigt léger, ta bouche              ... [Lire la suite]
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18 septembre 2009

HOMMAGE a SAPPHO

Pourquoi cet engoûment pour la poésie de Sappho? Pourquoi ce désir de retravailler cette poésie, pour nous si lontaine en apparence, si classique? Quel est donc ce charme, cette "charis" qui émane de ces textes pourtant difficiles, qui a séduit tant de lecteurs et de poètes à travers vingt cinq siècles? Et surtout, en quoi, moi, lecteur et poète, je me sens si proche, à la fois de la personne et de l'oeuvre? Poétesse du désir, bien avant tous les autres, totalement, viscéralement, Sappho nous laisse des témoignages... [Lire la suite]
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17 septembre 2009

LESBOS

Je t'ai perdue à tout jamais, mon amour.     Ta belle image comme un rêve s'étiole          Je vais affligée aux plaintes de la mer,              Et soudain je te vois, Et je veux, comme l'aurore aux doigts de rose     Toucher frémissante ta joue, oui je veux         Frôler tes cils d'ombre et de soie, et baiser             La rose de tes lèvres!
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