Depuis quelques années on assiste à une explosion des techniques thérapeutiques dans le domaine psychique. je doute qu'elles soient toutes aussi nouvelles qu'on veut bien le dire. Très souvent il s'agit d'améngements secondaires, et parfois utiles, des formules déjà existantes. Ici je ne dirai rien de leur valeur n'ayant pas eu le loisir, ni le goût, ni le temps, ni l'argent, de les explorer toutes. Ma question est plutôt : quelles sont les structures fondamentales, les types de base que l'on retrouve à chaque fois derrière les oripeaux plus ou moins spectaculaires mis en avant pour séduire uen clientèle de plus en plus nombreuse, et de mieux en mieux informée?

La branche royale reste évidemment la psychiatrie, à laquelle on s'adresse inévitablemnt en dernier recours, quand le cas est grave et que les diverses psychothérapies extramédicales ont échoué. C'est reconnaître, quoi que l'on dise par ailleurs, que le corps a le dernier mot. On peut toujours, selon le dogme psychanalytique, évoquer le poids du signifiant, le rôle prégnant du fantasme et autres constructions thé riques, il n'en reste pas moins que le manque de sérotonine, ou de noradrénaline ne se répare pas tout seul, dans les cas sérieux, et qu'il faut soutenir l'effort du corps pour mettre fin à la débâcle dépressive ou à l'exaltation maniaque. De même comment soigner un schiziophrène sans recours aux médicaments? Ici la théorie psychique rencontre la limite du réel, et il serait criminel de refuser à un patient des médicaments sous prétexte qu'il doit élaborer ses propres signifiants.

Cela dit les psychothérapies se rangent en deux catégories : les méthodes analytiques et les méthodes inductives.

En Orient la méthode analytique par excellence c'est le bouddhisme. Lisez la dessus les Enseignements du Bouddha. Je n'en dirai rien ici il faudrait trop de place. On Occident c'est la psychanalyse. Méthode d'observation, de décomposition analyique (ex : analyser un rêve, un symptôme, une production signifiante) pour faire apparaître un sens sous le sens : le signifié est un trompe-l'oeil qui dissimule une désir inconscient qu'on ne pourra repérer qu'en le mettant en relation avec d'autres signifiants, jusqu'à former ue sorte de chaîne associative, au coeur de quoi on finira par découvrir les fantasmes fondamentaux. Et ceux-là encore forment une sorte de secret dans le secret, si bien que l'analyse peut s'éterniser sans déboucher jamais sur une véritable sortie du système pathologique. Et je ne dis rien ici, pour l'avoir fait mille fois ailleurs, de cette aporie du langage qui disssimule autant, ou plus, que ce qu'il révèle, dans laquelle le patient peut se réfugier ad libitum. Une analyse peut-elle être complète et achevée? Je ne vois pas comment, si ce n'est par une sorte de sursaut héroïque du patient qui décide que la chose n' a que trop duré, et qu'il se débrouillera comme il peut avec ses sympômes résiduels et son indépassable mal à exister.

Freud avait condamné sans appel les méthodes inductives, comme l'hypnose, sous le chef qu'elles seraient impuissantes à apporter autre chose qu'un soulagement passager, suivi régulièrement d'un retour des symptômes. Depuis quelques décennies l'hypnose réapparaît, -surtout ericksonnienne -et, il faut bien le confesser, en raison d'un échec parallèle de l'analyse, avec en plus l'argument qui tue : l'analyse est hors de prix, interminable et n'apporte guère de remède durable et vérifiable. On a depuis longtemps abandonné l' hypnose de cirque, celle qui reposait sur un ordre du genre :" quand vous vous réveillerez votre jambe ne vous fera plus souffrir". Cela ne marche guère, et généralement le symptôme se déplace ailleurs. Aujourd'hui le thérapeute ne cherche pas à conduire de force le patient dans les zones où il refuse d 'aller, il respecte les résistances, ne cherche pas à effacer les clivages, bref il laisse la structure telle qu'elle est. Il ne s'agit pas de s'engager dans un processus de décompodsition-recomposition hautement difficile et périlleux, mais d'apporter des soulagements concrets et efficaces à court terme. Le problème est plutôt celui-ci : le patient étant ce qu'il est, et cela depuis de longues années déjà, est-il bien utile de chercher un changement de strucure - qu'il refusera sans doute de lui-même - ou, dans la structure telle qu'elle est, d'aménager des possibles, en libérant des énergies bloquées, en ouvrant la boîte à images, en ouvrant l'accès aux fondements positifs - de manière à l'aider tout simplement à vivre un peu mieux qu'avant? Et si la pathologie est véritablement grave on priera le patient de se soumettre à un traitement chimique. Ce n'est pas là une déshonneur, ou un échec en tant que tel, c'est action de prudence et de bon sens.

De l'hypnose dérivent toutes les techniques relaxatives, que je connais bien, y compris la sophrologie, qui se veut une école de la conscience, mais qui utilise bien les plongées dans la demi-conscience pour en retirer des bénéfices inconscients. Je ne sache point que ces méthodes guérissent définitivement des affections graves, mais elles me semblent extrêmement utiles pour le quotidien, à titre prophylactique d'abord : se soigner pour ne pas tomber malade , et curatives, notamment pour toute une dimension trop souvent négligée, y compris par la psychiatrie, je veux dire l'hygiène musculaire, tendineuse, tissulaire, lymphatique et energétique. Pour des gens qui souffrent de maladies du sommeil, de fibromyalgies, de "jambes sans repos", d'angoisses, voire de dépressions (mais pas n'importe lesquelles) la méthose relaxative apporte un complément fort appréciable. Surtout en consultation personnalisée qui permet un bon centrage sur la pathologie et ses éventuels remèdes.