I 

PRINTEMPS

Approche-toi, ô cours plus vite

Le ciel aussi a ses fureurs

Avant que l'amer ne t'habite

Et ne dessèche mon ardeur!

II

AUTOMNE-HIVER

Je me suis cru dispensé d'aimer la beauté du corps. J'étais crétin. Je croyais me sustenter de la vérité seule, âcre pimbèche aux seins plats, pieds secs et fente sèche! J'étais crétin.

Doublement je l'étais, crétin, de ne pas m'en apercevoir!

La raison a de ces ruses, plus controuvées que la plus rouée des catins. Mais la raison n'en sait rien!

Fougères, recevez dans vos étreintes acérées ce corps nu flagellé de rancoeur! Et vous, noyers de mon enfance, livrez vos écorces amères! J'ai trop tardé. Déjà vient le soir.

Et je n'ai pas su vivre.